Insuffisance lacrymale : expérience avec le Dioptec, DR. Paul Cochet
Docteur Paul COCHET, Contactologue
Ancien Président de la Société Européenne de Contactologie (ECLSO)
Co-Fondateur et Ancien Président de la Société Française des Ophtalmologistes Adaptateurs de Lentilles de Contact
La contactologie prend une place de plus en plus grande
dans l’ophtalmologie mondiale, les derniers chiffres annoncent 100
millions de porteurs dans le monde et pour la fabrication 2 milliards
d’unités de lentilles fabriquées dans le monde. (P. Rocher)
Ce n’est donc pas un petit phénomène et tout ophtalmologiste, parfois
plusieurs fois par jour, se pose le problème : comment pouvoir soulager
ce candidat ou porteur de lentilles du fait de sa faible ou de sa
mauvaise sécrétion lacrymale ?
L’interrogatoire permet de préciser le phénomène avec 3 étiologies possibles :
- Combien buvez-vous d’eau par jour (il faut au moins 1 litre ½) ?
- Avez-vous un bon sommeil ?
- Prenez-vous des psychotropes ou des collyres avec conservateur?
On peut y ajouter :
- Travaillez-vous dans des locaux enfumés, secs (climatisation) ?
- Avez-vous des brûlures oculaires et souffrez- vous d’allergies ?
Dans l’examen :
- le test de Schirmer confirme cette sécheresse par
réduction du débit. Celui-ci doit être autour d’une division du papier
Schirmer par minute.
- l’épreuve du BUT et la diminution de temps de rupture du film pré-lacrymal confirme l’instabilité du film lacrymal.
Le traitement est connu de tous les ophtalmologistes : les substituts lacrymaux ayant pour base du sérum physiologique
et des solutions de viscosité qui améliorent le clignement. Parmi ces
substituts, notre préférence se porte sur les unidoses sans
conservateur. La formule dite Abak est très efficace. Aidé actuellement
des carbomères, l’acide hyalurunique a été un des gros progrès. Mais à ces aides locales, il nous a paru très utile d’associer un traitement sécrétoire.
C’est dans cette optique que nous avons expérimenté le DIOPTEC à la
dose de deux capsules par jour pendant un mois, associé à un minimum de
boisson aqueuse (1L½ par jour). Après un mois, nous avons souvent
constaté une amélioration dans les tests de Schirmer et surtout dans la
qualité des BUT.
Face à des candidats aux lentilles souples qui refusent le passage en
LRPG du fait d’une expérience antérieure malheureuse, nous pouvons
envisager le passage en lentilles souples si l’épreuve du traitement
nous apporte des signes objectifs de son efficacité.
Nous n’avons pas fait de statistiques mathématiques
mais le chiffre de 50% de succès me paraît en-dessous de la vérité. Ce
qui nous a le plus surpris c’est de voir la fréquence des
automédications au bout de quelques mois. Celles-ci s’expliquent par la
satisfaction du patient et le non-remboursement du produit par la
sécurité sociale.
Pour nous c’est devenu un réflexe : mauvais Schirmer et/ou mauvais BUT = DIOPTEC + minimum d’hydratation journalière (même en dehors des périodes caniculaires)
Comment expliquer l’effet de ce produit ?
Si l’on se souvient que la sécheresse est surtout le fait d’un déficit:
- de la phase aqueuse (Schirmer),
- de la phase lipidique responsable d’une hyper-évaporation du film lacrymal (dysfonctionnement des glandes
de Meibomius),
- plus rarement mucinique (insuffisance des cellules caliciformes due à un déficit en vitamine A, une inflammation
chronique ou à la toxicité des collyres), nous voyons la complexité
étiologique sur laquelle de nombreux auteurs se sont penchés pour nous
aider (Baudouin, Brignole, Damato, Pisella).
En plus de l’action locale, la thérapeutique doit penser à recourir aux
produits du type DIOPTEC doté d’une composition très complète : huile
d’onagre, huile de saumon, vitamines (A, B6, B12, C et E),
oligo-éléments (zinc, dont on connaît l’importance dans les
métaloenzymes oculaires) et sélénium (souvent déficient même avec une
alimentation normale).
Les acides linoléique (LA) et gammalinolénique (GLA) contenus
dans l’huile d’onagre ont un rôle de premier plan dans la production
salivaire et lacrymale. Ce sont des acides poly-insaturés
essentiels, c’est-à-dire qu’ils ne sont pas métabolisés par l’organisme
et doivent donc se trouver dans l’alimentation.
Ce que nous avons constaté chez les porteurs de lentilles, d’autres l’ont remarqué chez les myopes opérés de chirurgie réfractive. Macri et al. ont remarqué comme beaucoup que, dans les suites du lasik ou PKR, un nombre important d’opérés manquaient de larmes. Comparant deux groupes d’opérés (de 30 cas chacun) l’un traité par LA et GLA et l’autre non traité, la fréquence des KCS était moindre dans le groupe traité.
La sécheresse oculaire si gênante pour le contactologue doit être traitée par des produits comme le DIOPTEC dont l’action sécrétoire, anti-oxydante et anti-inflammatoire est très bénéfique.